Rene Noel

OBITUARY RENE NOEL
La voix de Patrick Ferrat ce jeudi matin au téléphone était pleine d’émotion. Elle m’apprenait le décès de René Noel. Nous savons qu’inéluctablement, un jour, l’existence se termine pour chacun d’entre nous. Mais pour moi, ce départ parait trop tôt et me laisse confondu de chagrin.
J’ai connu René dans les années 60 lorsqu’il était l’Administrateur de St. Antoine. Les Jeunes Fermiers qui étaient en première ligne dans la lutte contre la faim avaient approche René pour l’octroi de quelques arpents de terre agricole pour produire la pomme de terre en contre saison.
Ce fonceur accepta de plein gré et se porta volontaire a partager les pertes en cas d’échec de cette expérience.
C’est cette qualité de pionnier non- conformiste qui a marque la vie de ce Grand Mauricien. Cet auteur du premier rapport en faveur de la centralisation des Usines datant des années 60, était pro-indépendance et grand ami de SSR lorsque le secteur prive cachait mal son opposition a l’autonomie de Maurice. Cet ingénieur détruisit en deux paragraphes dans l’Express les arguments des promoteurs d’une usine a papier a Maurice.
Lauréat du Collège d’Agriculture, il complète sa licence en Ecosse. De retour au pays, il s’est joint à l’Industrie sucrière ou il passera le clair de sa vie professionnelle. Sa compétence était connue, même au delà des rives Mauriciennes. Il était sollicite par le gouvernement mauricien pour diriger des missions a l’étranger. Il était charge par LHONRO de diriger son empire a Maurice et en Afrique. Ainsi, René a construit plusieurs usines pour le compte de cette multinationale Britannique en Cote d’Ivoire, au Benin et au Soudan.
Ce Professeur Emeritius de l’Université de Maurice a servi son pays sans relâche. Il a été tour a tour Président du Dodo Club, du MSIRI, du JEC et autres MSPA et MSS et même Conseiller du Ministre Parsooramen en Education.
Apres sa retraite, il devint consultant pour les Nations Unies et pour l’Industrie Sucrière du monde. Son temps était partage entre sa famille, surtout avec ses petits enfants et ses voyages pour déposer ses rapports.
René, quelques amis et moi passions un sacre bon moment ensemble en déjeunant a Port Louis ou il évoquait ses souvenirs de voyage ou de mission. Quand un interlocuteur l’appelle Sir René, il le corrige tout de suite dans une petite phrase « je n’ai pas eu l’honneur d’être Sire » accompagnée d’un petit sourire dont seul René avait le secret. Comment oublier que son plat préfère était « rougaille de Cordonnier et bouillon de brede martin », qu’il était un grand amateur de foot et fan du Club National d’Ecosse qu’il a vu évoluer en match amical contre l’Equipe nationale Russe qui avait aligne 13 joueurs et que René comptait le nombre de pas qu’il faisait dans ses marches quotidiennes.
Avec le départ de ce visionnaire, c’est un pan de l’histoire de Maurice qui disparaît. Je garde de cet optimiste incurable la mémoire d’un homme imbibe de l’esprit Cartésien qui savait inspirer son entourage, qui par son courage, sa ténacité et son instinct a su faire réaliser le rêve de notre patrie. C’est avec respect et émotion que je salue aujourd’hui ce grand Tribun qui fut appelé aux plus hautes responsabilités durant sa vie active et lui rends hommage pour ses grandes qualités morales.
Bon, disons qu’il est passé devant et s’en est allé arpenter les plantations de cannes du Seigneur afin de nous dénicher un petit coin de choix pour bien nous accueillir quand nous arriverons. Nous, nous lui réservons un petit coin dans nos cœurs. Adieu Grand Ami.