pere souchon

The President of Alif Society was invited by the Catholic Church to speak in honour of Reverand Souchon a t a special function at the Municipality of Port Louis. Below is the President’s speech.

SOUCHON MAIRIE DE PORT LOUIS.
M. le PM, M. les Ministres, M. le Maire, M. les membres de l’AN, Dignitaires religieux, Mesdames et Messieurs.
C’est une grande joie pour moi d’être ici ce matin dans cette Maison du Peuple, à l’invitation de l’évêché de Port Louis et la Mairie de notre capital. Je suis fier d’être associe a la célébration de cet événement particulièrement empreint d’émotion, qui marque le départ a la retraite de l’Apôtre des pauvres qu’est Père Souchon et pour qui j’ai toujours eu le plus grand estime.
Père Souchon, c’est avec émotion que je vous retrouve aujourd’hui en présence de la qualité cette brillante assemblée ici réunie, des Elus du peuple et des dignitaires religieux que je me réjouis de saluer. Cette fois, vous n’êtes pas un de mes invites mais l’Invite. Et c’est avec un honneur que je vais livrer mes pensées, moi ex-élève de l’école St. Agnès et ex-Instit de l’histoire- Géo, nous deux issus de l’Islam et du Christianisme qui partageons un monothéisme commun, mais différent. Je garde un souvenir plutôt précis de nos échanges et de nos rencontres et qui me permettent aujourd’hui de prendre la mesure de votre engagement au service d’une passion: celle de combattre la faim. Ils me permettent aussi de constater la vigueur de votre ténacité. Je me bornerai à mettre en exergue ce cote de votre engagement sacerdotale car raconter la vie aussi riche que la votre exigerait plusieurs rencontres. Je laisserai à la postérité le soin de mesurer la dimension historique de vos actions car il n’y a pas d’identité sans le souvenir et le respect de l’histoire.
Vous êtes a l’aise dans n’importe quel milieu, riche ou pauvre, chrétien ou non-chrétien, rural ou urbain mais je dirai que votre vécu au milieu des plus pauvres des pauvres vous a pousse, avec passion, a vous insurger contre la misère et l’injustice et a vous battre afin que tout homme obtienne ce a quoi il a droit: un toit, de quoi manger et vivre décemment. Cet homme que vous êtes, je le sais, ne rechercherait ni l’admiration, ni les honneurs et ni les feux des cameras, mais une paix avec sa conscience.
Aujourd’hui, Père Souchon, je veux vous exprimer le respect, l’attachement et l’amitié que tout fils de Dieu vous porte. Et vous rendre hommage, a vous, homme hors du commun, homme qui vibre à tout son qui frémit l’homme, pour vos efforts à nourrir les « damnes de la Terre, » ce SDF à qui vous donnez une raison de vivre. Vous faites de lui un homme debout malgré l’absence des générosités telles « les Restos du Cœur ».
Pour aboutir a votre fin, vous vous êtes inspire peut-être de l’enseignement des Moguls connu comme « le Din e Ilahi » pour fonder une association de bienfaisance non confessionnelle qui est devenue une communauté ouverte de volontaires d’origines diverses. Avec cette brigade commence alors une aventure humaine qui déclare la guerre ouverte a la faim depuis voila deux décennies. Ce qui s’est produit alors, c’est la naissance d’une âme commune avec une volonté de fer d’empêcher la souffrance atroce qu’engendre la faim. Votre « armée de salut » est devenue “la voix des sans-voix”.
Vous avez ouvert les yeux de vos partenaires pour montrer que la misère est omniprésente. Elle recule momentanément mais revient avec force et laisse des milliers de gens survivre sous le seuil de la pauvreté.
L’Ile Maurice se vante d’être un Pays de droit et de solidarité sociale. Elle s’honore d’avoir mis en place un système d’assurance sociale. C’est en créant, a juste titre, une croissance durable et efficace que l’Etat pourra mener a bien le combat contre l’inacceptable, en tournant davantage vers les plus démunis, les plus vulnérables et vers ceux qui ne sont pas organisés pour se faire entendre. La revendication sociale est légitime dans une démocratie; il est naturel que tout homme doive améliorer ses conditions de vie. Mais très souvent les plus bruyants et les mieux armés, comme les squatters de Dubreuil, exercent plus de pressions politiques, prennent la part de ceux que l’on entend le moins. Aussi la juste répartition des richesses se heurte-telle toujours à la carence administrative.
La misère cache toujours des drames humains. Face à ce désespoir, les aides, les allocations sont essentielles, bien sûr, mais elles se révèlent largement impuissantes. Alors, au-delà des secours d’urgence, la solidarité est avant tout une main tendue accompagnée d’une exigence d’humanité et de suivi. Votre solidarité, hélas, doit s’arrêter à aider les démunis a survivre dans l’exclusion.
Faut-il en avoir honte? Pas du tout. Les Gouvernements successifs ont fait de la bataille contre la précarité leur cheval de bataille. Laissons au gouvernement la responsabilité de connaitre les causes multiples qui conduisent l’homme dans la misère et investir dans le capital humain pour les sortir de leur souffrance. Votre devoir est et doit être de prendre votre bâton de pèlerin pour accentuer votre cri d’alarme et éveiller la conscience publique, en vous arrêtant seulement par la contrainte de votre épuisement ou une panne sèche de votre moto.
Nous approuvons le combat que vous menez. Grace a vous, sans doute, la solidarité nationale a été aussi développée et des associations caritatives ont repris à leur compte la charge de nourrir des SDF hors de Port Louis. Quelle belle leçon de vie ont-elles apprises ces dames Mourides en portant le flambeau de l’humanité dans l’arrière pays.
Aujourd’hui, Père Souchon, nous tournons une page de notre histoire et je vais reprendre mes propos d’hier pour vous dire: soyez vibrant de vie au repos comme vous avez été serein au milieu de l’activité.
Au nom de l’Ile Maurice, je vous dis Merci.

============================================================

 

Au Père Souchon apres sa retraite
Voici que s’approche l’heure du départ à la retraite d’un rassembleur du peuple Mauricien et pasteur d’une Eglise qu’il a voulue sans frontières, et ce, en son 86ème anniversaire. Il donne une coloration particulière à cette nation arc-en-ciel, où toutes les fois trouvent une place à l’autel de l’Immaculée Conception, pour révérer ce Dieu miséricordieux. Je crois que le Vatican permet la retraite à 65 ans, mais l’inlassable pèlerin que vous êtes a voulu prolonger au-delà de cet âge, son sacerdoce, appelant l’homme à sa dignité, à sa générosité, à sa grandeur pour qu’il œuvre pour la paix. Je crois que c’est l’ardente ferveur de votre paroisse qui vous a retenu aussi longtemps car dans cette terre de foi, les temples, masjids et églises sont toujours bondés de fideles aux heures de prières.
Je croyais à un certain moment que seule la dernière heure aurait pu vous empêcher de travailler sans compter… Et encore, il paraît qu’elle a essayé de vous rattraper…En vain… Vous n’aviez qu’à subir une intervention à votre bras gauche après laquelle vous aviez hâte d’être sur pied. Votre souci était que la messe de la Nativité à l’Immaculée Conception se passe sans anicroches.
Avez-vous pense à la diversité des ministères que vous exercez au service de l’Eglise? Père Souchon’s Poverty Fund pour acheter un repas dominical aux pauvres ou pour nourrir les enfants démunis, ou bien encore pour réparer les maisons des personnes âgées ou pour aider les mères en détresse. Avez-vous pense au grand nombre de messes que vous avez célébrées ou célébrez, en rendant chaque fois le Christ réellement présent sur l’autel ? Avez-vous pensé oh ! Décore de United Way, aux innombrables absolutions que vous avez données et donnez, en permettant à un pécheur de se relever. Vous êtes le digne héritier de ces tribuns qui ont œuvré pour que la foi Chrétienne marque de son empreinte dans nos comportements, nos institutions éducatives, hospitalières et sociales. Les Lorettes, le BPS, les différents foyers et Cliniques en portent l’admirable témoignage.
L’Ile Maurice, républicaine et laïque garante de la libre expression de toutes les fois se reconnait aussi dans le message évangélique. Vous avez été appelé à servir l’homme Mauricien, et vous vous êtes retrouvé très souvent avec les autres hommes de Dieu pour faire ancrer dans les cœurs, la tolérance, la dignité, la justice et la paix.
Père Souchon, vous avez fait un parcours très long, dangereux même parfois et également remarquable pour notre pays. Vous êtes un bâtisseur, un serviteur de la cause Mauricienne, un homme libre, qui n’a jamais craint de dire la vérité, même aux heures les plus sombres de notre histoire, et qui jouit d’une très grande autorité morale. Vous êtes une référence pour beaucoup de celles et de ceux, quelles que soient par ailleurs leur religion, leur confession, qui aspirent à une Ile Maurice incarnant les grandes traditions de respect de l’homme et de la démocratie.
Et si j’étais votre paroissien, je dirais à votre intention « Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, c’est le plus grand trésor que le bon Dieu puisse accorder à une paroisse, et un des plus précieux dons de la miséricorde divine.»
Vous avez été l’invité d’Alif Society à plusieurs occasions : ces instants, les membres de mon club et moi-même les gardons, à jamais gravés dans nos mémoires. Votre discours a l’occasion de notre diner d’EID, quand vous étiez monté sur une chaise pour que l’on vous voie mieux et que soyez plus audible, nous avait fait chaud au cœur et avait montre combien vous pouvez être proche de vos amis.
Alors, je me demande : cette retraite est-elle bien méritée? Vous n’avez que 86 ans… Il vous reste donc très très longtemps à vivre si Dieu le veut…
Mes amis et moi-même formons les vœux les plus fervents pour que vous soyez vibrant de vie au repos comme vous avez été serein au milieu de l’activité.
Dawood Auleear.
28 Juillet 2010