Letter to Jack Bizlall

A JACK BIZLALL 1/12/2011
Mon cher Jack,
Je me souviens du premier jour tu foulas les escaliers du quartier générale de la Fédération des syndicats du service civil en compagnie de Clément Mootoo et prononças ton discours rempli d’émotions et d’immense douleur pour la classe ouvrière.
L’audience fut émue car tu leur avais appelée a leur devoir moral. L’Ile Maurice n’existerait pas si tes camarades d’armes n’étaient pas prêts de se sacrifier à cette cause parce que c’était cette cause qui les réunissait. On ne construit pas l’avenir en renonçant à se défendre mais
sur le courage, la fidélité et le sens de l’honneur de chaque citoyen. Tu donnas à la Solidarité et à la fraternité un sens nouveau. Tu réussis à renforcer l’idée aux syndicalistes présents qu’ils avaient une destinée commune. C’était les grands moments du syndicalisme à Maurice.
Depuis, les temps ont changé. Maintenant, l’honneur, le devoir et la dignité sont des vains mots. Le Mauricien n’a plus d’honneur. L’égoïsme a pris le dessus. Faut-il te rappeler le sort du SSR en 1982 ? Ou celui de SAJ après son redressement de l’économie Mauricienne ? Ou encore celui de Paul qui devait pourrir seul en prison ? Aujourd’hui, on ne trouve pas de fierté en honorant la mémoire de ceux qui ont risqué leur vie pour le bonheur national. Honneur et patrie ne touchent plus les cœurs du Mauricien. La flamme du devoir est éteinte et a cédé la place à l’indifférence. On dira à la rigueur une fois merci au moment des funérailles mais dont on délaissera ensuite la mémoire pour toujours.
En décidant d’entamer une grève de la faim, tu as choisi un destin tragique qui exige de toi du courage et d’engagement. C’est à ton honneur. La question du super banco est : Est-ce que ton acte aidera à la renaissance de l’Ile Maurice ? Non Jack. Mille fois non. Le printemps Mauricien n’est pas derrière la porte, ni a l’horizon. Certains pays comme la Tunisie et l’Egypte ont connu tellement de persécution qu’ils sont murs pour un accouchement douloureux. L’Ile Maurice n’est pas la Tunisie et toi, ne sois pas Mohamed Bouazizi.
DAWOOD AULEEAR